Sept gigafactories, dix-huit États, un règlement, un appel d’offres à trente milliards : l’Europe a tout, sauf une meute.
Une meute, ce n’est pas sept loups qui hurlent ensemble devant un ruban tricolore. C’est une proie désignée, un chef qui se tait après l’avoir désignée, et une demande signée avant de couler le béton.
Depuis 1971, les grands projets européens qui ont réussi (Ariane, Airbus, GSM, Galileo, EuroHPC) avaient ces traits en commun. Ceux qui ont échoué (Europa, Unidata, Quaero, Gaia-X, Northvolt) n’en avaient aucun. Et la plus ancienne des réussites montre aussi comment une meute s’engourdit : en 2024, l’Europe a fait lancer ses satellites Galileo par une fusée américaine.
L’appel d’offres EuroHPC ferme le 12 novembre. Ses critiques sont sérieuses : échelle, demande, dépendance, énergie. Elles décrivent des symptômes. Le mal est ailleurs.
L’essai en tire huit critères de succès, observables et datés du 26 septembre 2026. Aucun n’est pleinement rempli, quatre le sont à moitié, quatre pas du tout. Les réserves les plus précises ne sont d’ailleurs pas venues de ceux qui distribuent les subventions, mais de ceux qui achètent les puces.
Le pronostic ne se dérobe pas : en l’état, non pour sept. Oui pour deux ou trois. Et quatre marqueurs vérifiables début 2027 permettent à chacun de prendre ce pronostic en défaut.
Cinq propositions suivent, dont un protocole de Copenhague pour le calcul, sur le modèle qui a fait naître le GSM en trente-huit semaines, et un « essai Eastern », sur le modèle des quatre A300 prêtés gratuitement qui ont sauvé Airbus en 1977.
Une meute se forme avant la chasse, jamais pendant.
Bonne lecture !
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