« Le cloud, c’est de la vapeur d’eau. »
Exact.
Le radar de 1940 n’était que des ondes. Ultra, le déchiffrement d’Enigma, que du papier. Le GPS, qu’un signal.
Toute l’histoire de la guerre moderne est celle de vapeurs d’eau qui ont coulé des cuirassés.
La formule a été prononcée le 1er juillet, devant le Sénat, par une voix dont la légitimité sur l’avion de combat est absolue. Elle a fait sourire l’hémicycle. Elle mérite mieux qu’un sourire : un examen.
Car ces quelques mots condensent une hiérarchie mentale que beaucoup de décideurs européens partagent sans l’avoir jamais aussi bien formulée : le dur d’abord, le logiciel ensuite, l’information en accessoire.
L’Ukraine vient d’administrer la démonstration inverse. La Russie avait les avions. L’Ukraine avait le réseau. Quatre ans plus tard, devinez qui n’a toujours pas la supériorité aérienne.
Le plus savoureux ? L’industrie française construit déjà, et brillamment, ce que la formule feint de dissiper : coordination du projet européen de standardisation du combat collaboratif (75 M€, 37 industriels, 11 pays), drone furtif accompagnant le futur Rafale F5, officiellement « deuxième génération de chasseurs connectés ».
Celui qui construit la vapeur d’eau peut se permettre d’en sourire.
Ses imitateurs en souriront sans rien construire.
La boutade devient doctrine. Et la doctrine, vulnérabilité.
Le Rafale a fêté hier les 40 ans de son premier vol. Le plus bel hommage à lui rendre n’est pas de moquer la couche qui prolongera son règne, c’est de la construire.
De Bentley Priory en 1940 au système Delta ukrainien, j’ai remonté toute la généalogie de cette « vapeur d’eau »
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