
Je considère que c’est un numéro collector qui invite à la réflexion à propos d’un sujet stratégique. En effet, limiter ce sujet au simple domaine technique serait à mon sens très restrictif car l’enjeu n’est pas là…
Publié en 2010, il me semble assez intéressant d’y revenir 7 ans après et de vous livrer quelques extraits…
« Le jour où un robot prendra seul et en fonction de sa programmation la décision de tuer un homme n’est guère éloigné. » p11
« Les systèmes robotisés devraient à terme constituer un acteur privilégié de cette nouvelle continuité qui restructure le champ de la coercition en termes de répartition des rôles, de pratiques et d’impact sur les sociétés concernées et sur le système des relations internationales. » p12
« Ce nouvel âge de l’armement serait également porteur d’une redistribution des positions acquises dans le monde technico-industriel. » p14
« Si la robotisation devait être porteuse d’une révolution dans les affaires militaires, c’est donc qu’elle entraînerait des mutations significatives dans les trois domaines suivants :
- Rapports entre puissance offensive et défensive et nature des équilibres stratégiques
- Rapports de l’Homme au combat, doctrines tactiques et art opérationnel.
- Rapport entre la population et les systèmes de défense
Où l’on retrouve , sans surprise, la trois pôles Clausewitziens de l’Etrange trinité… » p22
« Au-delà des lois sur la robotique dégagées par Asimov, comment ne pas s’interroger sur l’éventualité du remplacement de combattant par des robots terrestres sur les théâtres d’opérations extérieures ? Cette substitution de la machine à l’Homme ou, plus exactement, la création de « robots-soldats » plus automatisés pose un véritable défi juridique au regard du Droit international humanitaire qui réglemente les conflits armées et du droit de la responsabilité ». p34
« Dans l’avenir finalement, l’important ne sera pas seulement d’avoir ou de posséder l’innovation,mais d’avoir pensé en même temps le meilleur moyen de l’exploiter et l’ensemble des utilisations. Ne pas subir l’invention, ne pas adapter l’homme à l’invention, mais essayer d’évaluer et de penser à priori les synergies potentielles. » p85
